1125-845-Admin.com-edito-Jeth-pst.22-04-14 13:20

 

UN PHARE POUR DEMAIN

 

La lumière n'a pas d'ombre - soyez un phare pour les âmes égarées. Sébastien Desautels qui s'approprie cette citation ignore probablement, comme je l'ignorais aussi, qu'elle nous vient de Joanna Stratford, une poétesse américaine contemporaine, parmi l'une des plus grandes. Bon, laissons l'homme et ses déboires, il a assez de problèmes personnels comme ça.

 

Je veux vous parler ce matin de Philippe, Lorange de son patronyme.

 

À Paris pour le salon du livre, je cherchais à rejoindre Philippe, mon Philippe à moi, pour déposer du matériel iconographique sur sa page. En tapant Philippe Lord et lançant ma recherche on m'a mis sur le profil de Philippe Lorange, et j'y suis revenu par après car le mec avait une gueule sympa. Style intello un brin trop viril pour assumer pleinement une apparente androgynie, imaginez la profondeur d'un Raphael resté baroque, icône qu'on aurait crue sortie de Second Life et naturalisée UQAM - et je me suis mis non pas tant à rire qu'à le lire.

 

On dit qu'en politique six mois sont des éternités - je pense que c'est vrai pour François Legault même s'il est assuré de gagner les élections cet automne. Moi j'ajoute que les deux années que nous venons de vivre ont lambiné comme des millénaires, mais que dans quatre ou huit ans, toujours en politique, c'est demain.

 

Philippe Lorange m'est apparu comme un éclaireur, avec tout ce que comporte de bon et de moins bon ce terme. J'évite à dessein les mots "lanceurs d'alerte, influenceurs des réseaux sociaux". Ces expressions me répugnent parce qu'elles circonscrivent nos idées dans un cénacle stéréotypé beaucoup trop petit pour elles.

 

Du meneur, il a la brillance.

Du polémiste, le survoltage.

 

Il aime la vie, il aime la musique classique, il adore exposer des idées sans s'en rendre coupable, même si elles mettent sur la sellette des vertueux et vertueuses de ce monde. il s'exprime avec aisance dans les pages éditoriales de La Presse et du Devoir. Il reçoit d'une cohorte d'ennemis qu'il fréquente dans son association étudiante des billets d'une pure excentricité woke, léchés, bien pensants à outrance, écrits dans un idiome œcuménique, rassembleur, aseptisé, robotisé, mécanisé pour plaire au gay, à la lesbienne, à l'eskimo, à l'Haïtienne. Le contraste entre ce Protégé (appellation qu'il semble agréer) de Mathieu Bock-Côté et cet enfant spirituel, aux dires même du couple qui l'a accueilli, Sophie Durocher et Richard Martineau, ce contraste entre lui et ceux qu'il terrifie fait plaisir à voir. Des chefs-d'œuvre d'échanges où l'arme première est la langue. Je sais qu'il en existe plus qu'on pense en 2022, mais d'en rencontrer un qui brandit l'écriture comme une artillerie me rend toujours victorieusement fier d'être qui je suis.

 

Parions que Philippe Lorange aux yeux vifs et au sourire plutonien n'est pas qu'une étincelle. Je pense qu'il va devenir connu dans très peu de temps, j'entends sur beaucoup d'autres plates-formes, et que nous allons l'entendre et le voir dans son articulation qui nous réfère non pas à la politique minée par de petits êtres, mais à celle forgée par de grandes intelligences, pour de grandes ambitions.

 

Jean-Thom Jeth